Matière · Quatrième, Troisième

Tests de reconnaissance : gaz, eau et ions au collège

Tous les tests du cycle 4 : eau de chaux, bûchette incandescente, dihydrogène, sulfate de cuivre anhydre, nitrate d’argent, soude. Protocoles et exercices corrigés.

Réponse en 30 secondes

Un test de reconnaissance identifie une espèce chimique par une réaction dont le résultat est visible. L’eau de chaux se trouble avec le dioxyde de carbone, la bûchette incandescente se rallume dans le dioxygène, le sulfate de cuivre anhydre blanc bleuit avec l’eau, la soude donne des précipités colorés avec les ions métalliques.

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Un gaz incolore ressemble à tous les autres gaz incolores. Une solution limpide ressemble à toutes les solutions limpides. Le chimiste ne peut donc pas identifier une espèce en la regardant : il doit la faire réagir avec un réactif choisi, de manière à produire un signal visible — un trouble, une couleur, une flamme, un précipité.

C’est tout le principe du test de reconnaissance, et c’est l’une des rares parties du programme où la chimie devient spectaculaire : l’eau de chaux qui blanchit, la bûchette qui se rallume, le petit aboiement du dihydrogène, le sulfate de cuivre qui vire au bleu roi.

Cette page rassemble tous les tests du cycle 4 : ceux des gaz et de l’eau en quatrième, ceux des ions en troisième. Pour chacun, on donne le réactif, le protocole, le résultat attendu, l’équation quand elle est au programme et les précautions de sécurité.

Le tableau des tests à connaître

Espèce cherchée Réactif ou moyen Résultat positif
Dioxyde de carbone CO₂ eau de chaux l’eau de chaux se trouble (blanc laiteux)
Dioxygène O₂ bûchette incandescente la bûchette se rallume
Dihydrogène H₂ flamme à l’ouverture détonation sèche (« aboiement »)
Diazote N₂ bûchette enflammée la bûchette s’éteint (test négatif)
Eau sulfate de cuivre anhydre (blanc) la poudre bleuit
Ion chlorure Cl⁻ nitrate d’argent précipité blanc qui noircit à la lumière
Ion cuivre II Cu²⁺ soude précipité bleu
Ion fer II Fe²⁺ soude précipité vert
Ion fer III Fe³⁺ soude précipité rouille (orangé)
Ion zinc Zn²⁺ soude précipité blanc
Ion aluminium Al³⁺ soude précipité blanc
Ion hydrogène H⁺ papier pH ou indicateur pH inférieur à 7
Ion hydroxyde HO⁻ papier pH ou indicateur pH supérieur à 7

Deux précisions utiles. D’abord, le diazote n’a pas de test positif au collège : on le reconnaît par élimination, en constatant qu’il ne trouble pas l’eau de chaux, qu’il ne rallume pas la bûchette et qu’il ne détone pas. Ensuite, le zinc et l’aluminium donnent tous deux un précipité blanc : on ne peut pas les distinguer par ce seul test, il faut alors ajouter un excès de soude, qui redissout les deux précipités, ou recourir à d’autres méthodes hors programme.

Le test du dioxyde de carbone

L’eau de chaux est une solution limpide et incolore d’hydroxyde de calcium dans l’eau. C’est le réactif du dioxyde de carbone, et sans doute le test le plus utilisé du collège, puisqu’il permet d’identifier le produit de presque toutes les combustions et de la respiration.

AvantAprèsgaz à testereau de chaux limpideon fait buller le gaztrouble blanc : c’est du CO₂
Le test à l’eau de chaux. À gauche, l’eau de chaux est limpide avant le test. On y fait buller le gaz à identifier. À droite, elle est devenue d’un blanc laiteux : un précipité solide de carbonate de calcium s’est formé, le gaz était donc du dioxyde de carbone.

Le trouble n’est pas un changement de couleur du liquide : c’est un précipité, c’est-à-dire un solide insoluble qui se forme dans la solution et y reste en suspension en fines particules. Ce solide est le carbonate de calcium, exactement le même corps que la craie, le calcaire et les coquilles d’huîtres.

hydroxyde de calcium+dioxyde de carbonecarbonate de calcium+eauCa(OH)2+CO2CaCO3+H2O
Formation du précipité avec l’eau de chaux

Réaliser le test à l’eau de chaux

  1. Verser environ 2 cm d’eau de chaux dans un tube à essai propre, et vérifier qu’elle est bien limpide : une eau de chaux déjà trouble a réagi avec le CO₂ de l’air et ne sert plus à rien.
  2. Y faire buller le gaz à tester à l’aide d’un tube coudé, ou bien y transvaser le gaz et boucher puis agiter.
  3. Observer : un trouble blanc laiteux signale la présence de dioxyde de carbone.
  4. Conclure. Aucun trouble signifie absence de CO₂ en quantité détectable, pas absence de gaz.
  5. Rincer immédiatement le tube : le carbonate de calcium sèche en un dépôt blanc difficile à enlever.

Ce test est à la portée de tous. Souffler dans un verre d’eau de chaux avec une paille suffit à la troubler en quelques secondes, ce qui prouve que l’air expiré contient beaucoup plus de dioxyde de carbone que l’air inspiré : environ 4 % contre 0,04 %, soit cent fois plus.

Exemple 1 — Que produit une bougie qui brûle ?

On allume une bougie sous un bocal renversé. Quand elle s’éteint, on retire la bougie, on verse de l’eau de chaux dans le bocal et on agite : elle se trouble nettement. On introduit ensuite une bûchette incandescente : elle ne se rallume pas.

L’eau de chaux troublée prouve la formation de dioxyde de carbone. La bûchette qui ne se rallume pas prouve que le dioxygène a été consommé. Les deux observations ensemble montrent que la bougie a transformé le dioxygène de l’air en dioxyde de carbone : c’est une combustion, donc une transformation chimique, et non un simple changement d’état.

Les tests du dioxygène et du dihydrogène

Ces deux tests utilisent le feu, et se ressemblent assez pour être confondus. La différence tient en un mot : la bûchette est incandescente pour le dioxygène, enflammée pour le dihydrogène.

Dioxygène O₂Dihydrogène H₂O₂la bûchette incandescentese rallumeH₂pop !la flamme approchée provoqueune détonation sèche
À gauche, le test du dioxygène : une bûchette dont on a soufflé la flamme et dont le bout rougeoie se rallume vivement dans le tube. À droite, le test du dihydrogène : une flamme approchée de l’ouverture provoque une petite détonation sèche. Le tube de dihydrogène est tenu ouverture vers le bas, car ce gaz est bien plus léger que l’air.

Le dioxygène. On enflamme une allumette ou une bûchette de bois, on souffle la flamme pour ne garder qu’un bout rougeoyant, et on l’introduit dans le tube. Si le gaz est du dioxygène, la bûchette se rallume aussitôt en une flamme vive. Le dioxygène n’est pas lui-même combustible : il est comburant, c’est-à-dire qu’il entretient et amplifie la combustion d’autre chose. C’est pourquoi il est interdit de graisser un détendeur de bouteille d’oxygène médical, et pourquoi un feu dans une atmosphère enrichie en oxygène devient incontrôlable.

Le dihydrogène. On approche une flamme de l’ouverture du tube. Le dihydrogène brûle alors très vite en se combinant au dioxygène de l’air, ce qui produit une petite détonation sèche, traditionnellement appelée aboiement parce qu’elle évoque un jappement. Le seul produit de cette combustion est de l’eau, que l’on peut voir se condenser en buée sur les parois froides du tube.

dihydrogène+dioxygèneeau2H2+O22H2O
Combustion du dihydrogène

Le test de l’eau

Le sulfate de cuivre anhydre est une poudre blanche. Le mot anhydre signifie « sans eau » : on l’obtient en chauffant du sulfate de cuivre hydraté, qui est bleu, jusqu’à ce qu’il perde toute son eau et blanchisse. Au contact de la moindre trace d’eau, il la reprend et redevient bleu.

AvantAprèsliquide à testersulfate de cuivre anhydrepoudre blanchela poudre bleuit :le liquide contient de l’eau
Le test au sulfate de cuivre anhydre. À gauche, la poudre blanche sur un verre de montre avant le test. On y dépose une goutte du liquide à tester. À droite, la poudre a viré au bleu : le liquide contient de l’eau.

Ce test est d’une sensibilité remarquable et fonctionne sur presque tout : une pomme coupée, un morceau de pain frais, une feuille de salade, une canette de soda, un cachet effervescent, l’air humide d’un jour de pluie. Il révèle que la plupart des aliments sont constitués majoritairement d’eau : 95 % pour un concombre, 80 % pour une pomme, 60 % pour un steak.

Exemple 2 — Un soda contient-il de l’eau et du CO₂ ?

On dépose une goutte de soda sur du sulfate de cuivre anhydre : la poudre bleuit. On agite ensuite une bouteille de soda fermée, on l’ouvre et on recueille le gaz qui s’en échappe dans un tube contenant de l’eau de chaux : celle-ci se trouble.

Le bleuissement prouve la présence d’eau, le trouble prouve celle de dioxyde de carbone. Un soda est donc une solution aqueuse de dioxyde de carbone, de sucre et d’arômes. C’est d’ailleurs le dioxyde de carbone dissous qui le rend pétillant et légèrement acide, ce qui explique son pH voisin de 2,5.

Les tests des ions

En troisième, on identifie des ions en solution. Le principe est toujours le même : on ajoute un réactif qui forme avec l’ion cherché un précipité de couleur caractéristique. La page sur les ions, acides et bases détaille ce que sont les ions et comment ils se notent.

Cu²⁺Fe²⁺Fe³⁺Zn²⁺Al³⁺bleuvertrouilleblancblancréactif commun : solution d’hydroxyde de sodium (soude)
Les précipités obtenus avec la soude. Chaque ion métallique donne un dépôt d’une couleur qui lui est propre, ce qui permet de l’identifier. L’ion zinc et l’ion aluminium donnent tous deux un précipité blanc et ne se distinguent pas par ce seul test.

L’ion chlorure se teste à part, avec le nitrate d’argent. Quelques gouttes suffisent : un précipité blanc apparaît, qui noircit lentement à la lumière. Ce noircissement, dû à la décomposition du chlorure d’argent en argent métallique, est précisément le phénomène sur lequel reposait toute la photographie argentique.

Ag++ClAgCl
Test de l’ion chlorure au nitrate d’argent

Les ions métalliques se testent tous avec le même réactif, la soude, c’est-à-dire une solution d’hydroxyde de sodium. Les ions hydroxyde HO⁻ qu’elle apporte se combinent à l’ion métallique pour former un hydroxyde solide et coloré.

Cu2++2HOCu(OH)2
Test de l’ion cuivre II à la soude

Le nombre d’ions hydroxyde nécessaires est égal à la charge de l’ion métallique : deux pour Cu²⁺, Fe²⁺ et Zn²⁺, trois pour Fe³⁺ et Al³⁺. C’est la traduction directe du fait qu’une solution est toujours électriquement neutre.

Tester les ions d’une eau minérale

  1. Prélever environ 2 cm de la solution dans un tube à essai propre, et en préparer autant de tubes que de tests à réaliser.
  2. Mettre lunettes et gants : la soude et le nitrate d’argent sont corrosifs.
  3. Ajouter quelques gouttes du réactif, pas davantage : un excès de soude redissout certains précipités et fausse la lecture.
  4. Observer immédiatement la couleur du précipité, sur fond blanc et à la lumière du jour.
  5. Comparer au tableau de référence et conclure. Ne pas jeter les résidus d’argent à l’évier : ils vont au bidon de récupération.

Exemple 3 — Analyser une eau minérale

On teste une eau minérale. Avec le nitrate d’argent, un précipité blanc apparaît. Avec la soude, aucun précipité coloré ne se forme. Le papier pH indique 7,5.

Le précipité blanc au nitrate d’argent révèle des ions chlorure. L’absence de précipité à la soude signale l’absence d’ions cuivre, fer, zinc et aluminium en quantité détectable, ce qui est normal pour une eau potable. Le pH de 7,5 indique une eau très légèrement basique, donc contenant un peu plus d’ions hydroxyde que d’ions hydrogène. L’étiquette confirmera en général la présence de calcium, magnésium et hydrogénocarbonate, qui ne sont pas testables au collège.

Exemple 4 — Identifier un gaz inconnu

Un tube contient un gaz incolore. L’eau de chaux ne se trouble pas. Une bûchette incandescente ne se rallume pas. Une flamme approchée ne provoque aucune détonation. Le gaz éteint une bûchette enflammée.

Ce n’est ni du dioxyde de carbone (premier test négatif), ni du dioxygène (deuxième négatif), ni du dihydrogène (troisième négatif). Le gaz éteint la flamme sans être le CO₂ : il s’agit très probablement de diazote, qui n’a pas de test positif au collège et se reconnaît par élimination. C’est d’ailleurs le principal constituant de l’air, à 78 % en volume.

Un peu d’histoire

La chimie analytique naît au XVIIIe siècle avec l’idée qu’une substance peut être identifiée par ses réactions plutôt que par son aspect. Joseph Black, à Édimbourg, établit dès 1754 que l’air fixé — notre dioxyde de carbone — trouble l’eau de chaux : c’est la première utilisation documentée d’un test de reconnaissance de gaz, et elle a fondé la chimie des gaz.

Henry Cavendish isole le dihydrogène en 1766 et décrit sa combustion détonante, qu’il nomme « air inflammable ». Antoine Lavoisier montre en 1783 que cette combustion produit de l’eau, et en tire le nom d’hydrogène, « qui engendre l’eau ». C’est la démonstration qui achève de ruiner la théorie des quatre éléments, puisque l’eau, réputée élémentaire, se révèle composée.

Les tests des ions se systématisent au XIXe siècle. Carl Remigius Fresenius publie en 1841 un traité d’analyse qualitative qui organise les cations en groupes selon leurs réactifs précipitants, méthode encore enseignée aujourd’hui. Quant au noircissement du chlorure d’argent à la lumière, observé dès 1727 par Johann Heinrich Schulze, il conduira un siècle plus tard à la photographie.

Les erreurs classiques

Confondre bûchette incandescente et bûchette enflammée. Incandescente pour le dioxygène, enflammée pour le dihydrogène. Une bûchette enflammée s’éteint ou brûle simplement dans le dioxygène, sans information utile.

Utiliser une eau de chaux déjà trouble. Elle a réagi avec le CO₂ de l’air et ne réagira plus. Il faut vérifier sa limpidité avant chaque test.

Dire que l’eau de chaux « change de couleur ». Elle forme un précipité blanc en suspension. Le liquide reste incolore, il devient opaque.

Conclure « c’est de l’eau » avec le sulfate de cuivre. Le test dit seulement qu’il y a de l’eau, pas que le liquide est de l’eau pure.

Tenir le tube de dihydrogène vers le haut. Ce gaz très léger s’échappe aussitôt et le test échoue.

Verser trop de soude. Un excès redissout certains précipités, notamment ceux du zinc et de l’aluminium, et le résultat devient illisible.

Croire qu’un test négatif prouve l’absence totale. Il prouve seulement l’absence en quantité détectable par ce test.

Exercices corrigés

Du tableau des réactifs à l’analyse complète.

Exercice 1

Réactifs et résultats

4e●○○

Indiquer, pour chaque espèce, le réactif ou le moyen utilisé et le résultat positif attendu.

  1. Le dioxyde de carbone.
  2. Le dioxygène.
  3. Le dihydrogène.
  4. L’eau.
Voir la correction
  1. Eau de chaux : elle se trouble (blanc laiteux).
  2. Bûchette incandescente : elle se rallume.
  3. Flamme approchée de l’ouverture : détonation sèche, ou aboiement.
  4. Sulfate de cuivre anhydre blanc : il bleuit.
Exercice 2

Le gaz du pain

4e●○○

On place un morceau de pain frais dans un tube à essai fermé par un bouchon traversé d’un tube coudé, dont l’autre extrémité plonge dans de l’eau de chaux. On chauffe doucement le pain.

  1. De la buée apparaît sur les parois froides du tube. Comment vérifier que c’est bien de l’eau ?
  2. L’eau de chaux se trouble. Que peut-on en conclure ?
  3. Le pain noircit. S’agit-il d’un changement d’état ou d’une transformation chimique ? Justifier.
  4. Pourquoi faut-il vérifier la limpidité de l’eau de chaux avant de commencer ?
Voir la correction
  1. En déposant une goutte sur du sulfate de cuivre anhydre : s’il bleuit, c’est de l’eau.
  2. Le chauffage du pain a produit du dioxyde de carbone.
  3. Une transformation chimique : de nouvelles espèces apparaissent (eau, dioxyde de carbone, résidu noir de carbone) et le pain ne redeviendra jamais du pain en refroidissant.
  4. Parce qu’une eau de chaux déjà troublée a déjà réagi avec le CO₂ de l’air et ne pourrait plus rien détecter.
Exercice 3

Identifier trois gaz

4e●●○

Trois tubes A, B et C contiennent chacun un gaz incolore : dioxygène, dioxyde de carbone et diazote, dans le désordre. On dispose d’eau de chaux et de bûchettes.

  1. Proposer un protocole permettant d’identifier les trois gaz.
  2. Dans le tube A, la bûchette incandescente se rallume. Conclure.
  3. Dans le tube B, l’eau de chaux se trouble. Conclure.
  4. Que peut-on dire du tube C sans faire aucun test supplémentaire ?
Voir la correction
  1. Sur chaque tube : introduire une bûchette incandescente, puis, si elle ne se rallume pas, faire le test à l’eau de chaux.
  2. Le tube A contient du dioxygène.
  3. Le tube B contient du dioxyde de carbone.
  4. Par élimination, le tube C contient du diazote, qui n’a pas de test positif au collège.
Exercice 4

Tests d’ions à la soude

3e●●○

Quatre solutions incolores ou légèrement colorées sont testées à la soude. On obtient : solution 1, précipité bleu ; solution 2, précipité rouille ; solution 3, précipité vert ; solution 4, précipité blanc.

  1. Identifier l’ion métallique de chaque solution.
  2. Pour la solution 4, peut-on conclure avec certitude ? Justifier.
  3. Écrire l’équation de formation du précipité de la solution 1, sachant que l’ion cuivre II se note Cu²⁺.
  4. Pourquoi faut-il ajouter la soude goutte à goutte et non en excès ?
Voir la correction
  1. 1 : ion cuivre II Cu²⁺. 2 : ion fer III Fe³⁺. 3 : ion fer II Fe²⁺. 4 : ion zinc Zn²⁺ ou ion aluminium Al³⁺.
  2. Non : le zinc et l’aluminium donnent tous deux un précipité blanc, indiscernables par ce seul test.
  3. Cu²⁺ + 2 HO⁻ → Cu(OH)₂.
  4. Parce qu’un excès de soude redissout certains précipités, en particulier ceux du zinc et de l’aluminium, ce qui fausserait la lecture.
Exercice 5

Analyse d’une eau de piscine

3e●●●

On analyse l’eau d’une piscine traitée au chlore.

  1. Avec le nitrate d’argent, un abondant précipité blanc apparaît, qui noircit au bout de quelques minutes à la lumière. Quel ion est mis en évidence ? Écrire l’équation.
  2. Le papier pH indique 7,2. Quel ion est en léger excès ?
  3. Avec la soude, on n’observe aucun précipité coloré. Qu’en conclure ?
  4. Pourquoi le précipité obtenu à la question 1 noircit-il à la lumière ? À quelle technique historique cela renvoie-t-il ?
Voir la correction
  1. L’ion chlorure Cl⁻ : Ag⁺ + Cl⁻ → AgCl.
  2. pH un peu supérieur à 7 : léger excès d’ions hydroxyde HO⁻, l’eau est très faiblement basique.
  3. L’eau ne contient pas d’ions cuivre, fer, zinc ni aluminium en quantité détectable, ce qui est attendu pour une eau de baignade.
  4. Le chlorure d’argent se décompose sous l’action de la lumière en libérant de l’argent métallique, noir. C’est le principe de la photographie argentique.
Exercice 6

Une enquête complète

3e●●●

Un cachet effervescent est jeté dans un verre d’eau. Un gaz se dégage abondamment.

  1. On recueille le gaz et on le fait buller dans l’eau de chaux : elle se trouble. Quel est ce gaz ?
  2. On approche une bûchette incandescente du verre : elle s’éteint. Ce résultat est-il cohérent avec la question 1 ? Justifier.
  3. La solution obtenue a un pH de 6,0. Quel ion est en excès ? Est-ce cohérent avec la nature du gaz dissous ?
  4. On évapore quelques gouttes de la solution sur une plaque : il reste un dépôt blanc. Que montre cette observation, et que ne montre-t-elle pas ?
Voir la correction
  1. Du dioxyde de carbone.
  2. Oui : le dioxyde de carbone n’entretient pas la combustion, il l’éteint. C’est d’ailleurs pourquoi on l’utilise dans les extincteurs.
  3. pH inférieur à 7 : excès d’ions hydrogène H⁺, la solution est acide. C’est cohérent : le dioxyde de carbone dissous dans l’eau l’acidifie.
  4. Elle montre que la solution contenait des espèces dissoutes non volatiles, donc que ce n’était pas de l’eau pure. Elle ne dit pas lesquelles : il faudrait des tests d’ions pour les identifier.

Quiz : dix questions pour vérifier

  1. Le réactif du dioxyde de carbone est…
  2. Pour tester le dioxygène, on utilise une bûchette…
  3. Le dihydrogène se reconnaît par…
  4. Le sulfate de cuivre anhydre est une poudre…
  5. Un précipité rouille obtenu avec la soude révèle…
  6. Le réactif de l’ion chlorure est…
  7. Pourquoi tenir le tube de dihydrogène ouverture vers le bas ?
  8. Le diazote se reconnaît…
  9. Le trouble de l’eau de chaux est dû…
  10. Un test négatif prouve…

Fiche : ce qu’il faut retenir

Questions fréquentes

Comment reconnaître le dioxyde de carbone ?

Avec de l’eau de chaux, une solution limpide d’hydroxyde de calcium. On y fait buller le gaz : si elle se trouble et devient d’un blanc laiteux, c’est du dioxyde de carbone. Le trouble vient d’un précipité solide de carbonate de calcium, le même corps que la craie et le calcaire, qui se forme et reste en suspension.

Comment reconnaître le dioxygène ?

Avec une bûchette incandescente, c’est-à-dire une allumette en bois dont on a soufflé la flamme et dont le bout rougeoie encore. On l’introduit dans le tube : si elle se rallume en produisant une flamme vive, le gaz est du dioxygène. C’est le seul gaz courant du collège qui ravive ainsi une combustion.

Comment reconnaître le dihydrogène ?

En approchant une flamme de l’ouverture du tube. Le dihydrogène brûle avec une petite détonation sèche, appelée aboiement, qui ressemble à un jappement. Comme il est quatorze fois plus léger que l’air, le tube doit être tenu ouverture vers le bas, sinon le gaz s’échappe avant le test.

Comment tester la présence d’eau ?

Avec du sulfate de cuivre anhydre, une poudre blanche. Au contact de l’eau, même en très faible quantité, elle bleuit franchement. Ce test détecte l’eau dans une pomme, un morceau de pain, un cachet effervescent ou une bouteille de soda. Il ne dit pas si l’eau est pure : seule une distillation ou une mesure de température le montrerait.

Comment identifier les ions chlorure ?

En ajoutant quelques gouttes de nitrate d’argent à la solution à tester. Un précipité blanc apparaît, qui noircit lentement à la lumière : c’est du chlorure d’argent. Ce test sert notamment à mettre en évidence les ions chlorure d’une eau minérale ou de l’eau de mer.

À quoi sert la soude dans les tests d’ions ?

La solution d’hydroxyde de sodium, appelée soude, forme avec les ions métalliques des précipités de couleurs caractéristiques : bleu avec l’ion cuivre II, vert avec l’ion fer II, rouille avec l’ion fer III, blanc avec l’ion zinc et l’ion aluminium. La couleur du dépôt identifie donc l’ion présent. Attention, la soude est corrosive : lunettes et gants obligatoires.

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