Matière · Sixième, Cinquième

Les états de la matière : solide, liquide, gaz, propriétés et modèle particulaire

Cours de 6e et 5e sur les trois états de la matière : propriétés des solides, liquides et gaz (forme, surface libre, compressibilité), modèle particulaire, exercices.

Réponse en 30 secondes

La matière existe sous trois états. Le solide a une forme propre et un volume fixe. Le liquide n’a pas de forme propre, sa surface libre est horizontale, mais son volume est fixe. Le gaz n’a ni forme ni volume propres : il occupe tout l’espace disponible et se comprime. Le modèle particulaire explique ces propriétés.

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Trois façons d’être de la matière

Une pierre, l’eau d’un verre, l’air de la pièce : trois choses qui n’ont apparemment rien de commun. La pierre est dure et garde sa forme, on peut la tenir. L’eau coule, prend la forme du verre, mouille les doigts. L’air ne se voit pas, ne se tient pas, et pourtant il gonfle un ballon et résiste quand on pédale contre le vent. Ce sont les trois états physiques de la matière : solide, liquide, gaz.

La même substance peut passer par les trois : la glace, l’eau et la vapeur sont trois états de l’eau. Le fer est solide dans un clou, liquide dans un haut fourneau à 1 538 °C, gazeux à 2 861 °C. L’air que nous respirons devient liquide à −196 °C, et les centrales de gaz industriel le vendent ainsi en camions-citernes. L’état n’est donc pas une propriété de la substance, mais une façon d’être qui dépend de la température et de la pression.

Le programme de 6e demande de savoir reconnaître l’état d’un échantillon d’après ses propriétés observables, et de connaître ces propriétés : forme, volume, surface libre, compressibilité. La 5e y ajoute le modèle particulaire, qui explique ces propriétés par l’arrangement de particules invisibles. Cette page couvre les deux niveaux, avec les expériences de classe et les ordres de grandeur.

Les propriétés des trois états

On reconnaît l’état d’un échantillon de matière sans instrument, par quelques tests simples : peut-on le saisir ? Prend-il la forme du récipient ? Sa surface est-elle horizontale ? Peut-on le comprimer ? Voici ce que l’on observe.

SolideLiquideGazforme propre, volume propreon peut le saisirprend la forme du récipientsurface libre plane et horizontaleoccupe tout le récipientcompressible, invisible souvent
Les trois états de la matière et leurs propriétés observables. Le solide garde sa forme quel que soit le récipient. Le liquide prend la forme du bas du récipient et sa surface libre reste horizontale, même si l’on penche le récipient. Le gaz occupe tout le volume du récipient fermé, quelle que soit sa taille.

Le solide a une forme propre : il la garde quel que soit le récipient, et il faut le casser, le tordre ou le couper pour la changer. Il a un volume propre : on ne peut pratiquement pas le comprimer. On peut le saisir avec les doigts. Un solide compact (pierre, bois, métal, glace) se distingue d’un solide divisé (sable, farine, sucre en poudre), formé de nombreux petits solides ; les poudres coulent et prennent la forme du récipient, mais chaque grain garde sa forme, et le tas qu’elles forment n’a pas de surface horizontale.

Le liquide n’a pas de forme propre : il coule et prend la forme du récipient qui le contient. Sa surface libre, la surface en contact avec l’air, est plane et horizontale au repos, quelle que soit l’inclinaison du récipient : c’est le principe du niveau à bulle et du niveau d’eau des maçons. En revanche, il a un volume propre : 100 mL d’eau restent 100 mL, dans un verre étroit ou une assiette large, et l’on ne peut pas les comprimer. On ne peut pas saisir un liquide : il coule entre les doigts.

Le gaz n’a ni forme propre ni volume propre : il occupe tout le volume du récipient fermé qui le contient, et se répand dans tout l’espace disponible si le récipient est ouvert. Il est compressible : on peut réduire son volume en poussant un piston, et expansible : il augmente de volume si on lui donne plus de place. La plupart des gaz sont invisibles, ce qui rend leur étude délicate ; on les met en évidence par leurs effets : ils gonflent un ballon, font des bulles dans l’eau, exercent une pression, ont une masse.

Propriété Solide Liquide Gaz
Forme propre oui non (prend celle du récipient) non (occupe tout le récipient)
Volume propre oui oui non (occupe tout le volume offert)
Surface libre pas de sens (forme fixe) plane et horizontale pas de surface libre
Compressible non (très peu) non (très peu) oui, facilement
Se saisit avec les doigts oui non, il coule non, il s’échappe
Masse volumique typique 1 000 à 20 000 kg/m³ 700 à 1 600 kg/m³ 0,1 à 5 kg/m³
Exemples glace, fer, bois, sucre eau, huile, alcool, mercure air, vapeur d’eau, dioxygène, butane

Sources : CRC Handbook of Chemistry and Physics pour les masses volumiques ; programme de cycle 3 et cycle 4 (BO) pour les propriétés attendues.

Trois expériences de classe

Reconnaître les états par l’expérience

  1. Forme. Transvaser un glaçon, puis de l’eau, puis de l’air (avec une seringue) d’un récipient à un autre de forme différente. Le glaçon garde sa forme ; l’eau prend celle du nouveau récipient ; l’air n’a pas de forme visible mais remplit la seringue puis le récipient.
  2. Surface libre. Remplir à moitié une bouteille d’eau et la pencher : la surface de l’eau reste horizontale, parallèle au sol, quelle que soit l’inclinaison. Faire de même avec du sable : le sable forme une pente, pas une surface horizontale.
  3. Volume. Verser 100 mL d’eau (éprouvette) dans un verre large, puis dans un verre étroit, puis remesurer : toujours 100 mL. Le liquide a un volume propre.
  4. Compressibilité. Remplir une seringue d’air, boucher l’extrémité avec le doigt et pousser le piston : il avance, l’air se comprime, puis repousse le doigt quand on le lâche. Remplir la même seringue d’eau : le piston ne bouge pas. Le gaz est compressible, le liquide non.
  5. Masse. Peser un ballon de baudruche dégonflé, le gonfler et le repeser : il pèse plus (environ 1 g de plus pour 1 L). L’air a une masse, c’est bien de la matière.
Air : compressibleEau : incompressibleon pousse : le piston avancele volume d’air est divisé par deuxon pousse : rien ne bougele volume d’eau ne change pas
La compressibilité. Une seringue bouchée pleine d’air : on peut enfoncer le piston, le volume de gaz diminue, la pression augmente et repousse le piston. La même seringue pleine d’eau : le piston ne bouge pas, le liquide est incompressible. La différence s’explique par l’espace vide entre les particules du gaz.

Exemple 1 — Identifier l’état

On observe quatre échantillons : A garde sa forme quand on le sort de son récipient ; B prend la forme du fond du récipient et sa surface est plate ; C remplit tout un flacon fermé et l’on peut enfoncer un piston ; D coule d’un récipient à l’autre mais forme un tas à surface inclinée.

A : solide (forme propre). B : liquide (pas de forme propre, surface libre horizontale). C : gaz (occupe tout le volume, compressible). D : solide divisé (une poudre : elle coule mais ne fait pas de surface horizontale ; chaque grain est un solide).

Le modèle particulaire

Pourquoi un liquide coule-t-il et pas un solide ? Pourquoi peut-on comprimer un gaz ? L’observation ne suffit pas à répondre ; il faut un modèle, une représentation de ce que la matière est « à l’intérieur ». Celui du programme de 5e est le modèle particulaire : toute matière est faite de particules extrêmement petites (les atomes et les molécules, précisés en 4e), identiques pour une substance pure, séparées par du vide, et en mouvement permanent.

Ce qui distingue les trois états, ce n’est pas la nature des particules, ce sont leur arrangement, leur distance et leur liberté de mouvement.

SolideLiquideGazparticules serrées et ordonnéeselles vibrent sur placeétat compact, ordonnéparticules serrées, en désordreelles glissent les unes sur les autresétat compact, désordonnéparticules très éloignées, en désordreelles se déplacent vite et librementétat dispersé, désordonné
Le modèle particulaire des trois états. Solide : particules serrées, rangées de façon ordonnée, chacune vibre sur place. Liquide : particules serrées mais en désordre, elles glissent les unes sur les autres. Gaz : particules très éloignées, en désordre, séparées par du vide, elles se déplacent librement et vite dans tout le volume.

Dans un solide, les particules sont serrées les unes contre les autres et rangées de façon régulière, comme des oranges sur un étal. Chacune est liée à ses voisines et ne peut que vibrer autour de sa position. Cela explique la forme propre (les particules ne changent pas de place), le volume propre et l’incompressibilité (elles se touchent déjà). L’état solide est compact et ordonné.

Dans un liquide, les particules sont toujours serrées, presque autant que dans le solide, mais elles ne sont plus rangées : elles glissent les unes sur les autres, changent de voisines, se déplacent lentement. Cela explique que le liquide coule et prenne la forme du récipient (les particules bougent), que sa surface libre soit horizontale (elles se répartissent au plus bas sous l’effet de leur poids), et qu’il soit incompressible (elles se touchent). L’état liquide est compact et désordonné.

Dans un gaz, les particules sont très éloignées les unes des autres, séparées par du vide, et elles se déplacent très vite (plusieurs centaines de mètres par seconde pour l’air) dans toutes les directions, en rebondissant sur les parois et entre elles. Cela explique que le gaz occupe tout le volume disponible (rien ne retient les particules), qu’il soit compressible (on réduit le vide entre elles), qu’il soit expansible, et qu’il exerce une pression (les chocs sur les parois). L’état gazeux est dispersé et désordonné.

État Distance entre particules Arrangement Mouvement Conséquences
Solide au contact ordonné (réseau) vibration sur place forme propre, volume propre, incompressible
Liquide au contact désordonné glissement, déplacements lents coule, prend la forme du récipient, surface horizontale, volume propre
Gaz environ 10 fois la taille des particules désordonné déplacements rapides et libres occupe tout le volume, compressible, exerce une pression

Le modèle rend compte aussi de la masse volumique. Un liquide et un solide, compacts, ont des masses volumiques du même ordre (l’eau 1 000 kg/m³, la glace 917 kg/m³). Un gaz, dont les particules sont dix fois plus éloignées dans chaque direction, occupe environ mille fois plus de place : la vapeur d’eau à 100 °C a une masse volumique de 0,6 kg/m³, 1 700 fois plus petite que l’eau liquide. C’est pourquoi un litre d’eau donne 1 700 L de vapeur, et pourquoi la cocotte-minute a besoin d’une soupape.

V=mρ:1 kg d’eau liquide1 L;1 kg de vapeur1700 L
Volume occupé par une masse m (rappel)

Exemple 2 — Expliquer avec le modèle

Pourquoi un parfum vaporisé dans un coin de la pièce se sent-il partout au bout de quelques minutes ? Pourquoi une goutte d’encre dans un verre d’eau se répartit-elle plus lentement ?

Les particules du parfum, à l’état gazeux, se déplacent vite et librement entre les particules de l’air, très espacées : elles atteignent l’autre bout de la pièce en quelques minutes, un peu ralenties par les chocs avec l’air. C’est la diffusion. Dans l’eau liquide, les particules d’encre doivent se glisser entre des particules d’eau serrées : elles avancent bien plus lentement, et la tache met des heures à s’étendre sans agitation. Dans un solide, la diffusion est pratiquement nulle : une tache d’encre sur une pierre ne se répand pas.

La masse ne dépend pas de l’état

Un changement d’état ne change ni le nombre ni la nature des particules : il change seulement leur arrangement. La masse est donc la même avant et après : 100 g de glace donnent 100 g d’eau, qui donnent 100 g de vapeur. C’est une conséquence directe du modèle, vérifiée par la balance, et détaillée sur la page des changements d’état.

Le volume, lui, change, parce que l’espace entre les particules change : peu entre solide et liquide (quelques pour cent, en plus ou en moins selon la substance), énormément entre liquide et gaz (un facteur 1 000 environ). La glace fait exception parmi les solides courants : son réseau ordonné laisse plus de vide que le désordre du liquide, elle occupe 9 % de plus et flotte.

Exemple 3 — Le ballon de baudruche

Un ballon dégonflé pèse 3,0 g. Gonflé avec 2 L d’air, il pèse 5,4 g. Que montre cette expérience ? Que se passe-t-il si on le met au congélateur ?

La masse a augmenté de 2,4 g pour 2 L : l’air a une masse, environ 1,2 g par litre, c’est bien de la matière. Au congélateur, l’air refroidi occupe moins de volume (les particules bougent moins vite et frappent moins fort les parois) : le ballon se dégonfle partiellement, mais sa masse ne change pas (5,4 g). Ressorti, il reprend son volume. Le volume d’un gaz dépend de la température ; sa masse, non.

Un quatrième état : le plasma

Les trois états du programme suffisent pour la matière de la Terre. Mais si l’on chauffe un gaz à plusieurs milliers de degrés, ou qu’on le soumet à une forte tension électrique, ses particules perdent des électrons et le gaz devient conducteur et lumineux : c’est le plasma, souvent appelé quatrième état de la matière.

On en connaît sans le savoir : la flamme d’une bougie en contient un peu ; l’éclair est un canal de plasma à 30 000 °C ; les tubes fluorescents et les enseignes au néon contiennent un plasma froid ; les aurores boréales sont dues à un plasma de haute atmosphère ; les écrans plasma des années 2000 en enfermaient des millions de cellules. Et surtout, les étoiles sont entièrement faites de plasma : le Soleil est une boule de plasma d’hydrogène et d’hélium. À l’échelle de l’Univers visible, plus de 99 % de la matière ordinaire est du plasma ; les solides, liquides et gaz que nous connaissons sont l’exception.

Les physiciens distinguent encore d’autres états dans des conditions extrêmes (condensats à quelques milliardièmes de degré au-dessus du zéro absolu, matière des étoiles à neutrons), mais ils sont hors du programme du collège et de l’expérience courante.

Ordres de grandeur

Substance État à 20 °C Masse volumique (kg/m³) Volume d’1 kg Remarque
Air gaz 1,2 830 L 1 L d’air pèse 1,2 g
Vapeur d’eau (100 °C) gaz 0,6 1 700 L 1 L d’eau → 1 700 L de vapeur
Butane gaz 2,5 400 L plus dense que l’air : s’accumule au sol
Hélium gaz 0,17 5 900 L plus léger que l’air : les ballons montent
Eau liquide 998 1,0 L référence
Huile liquide 920 1,09 L flotte sur l’eau
Mercure liquide 13 500 0,074 L 13,5 fois plus dense que l’eau
Glace solide 917 1,09 L flotte : exception parmi les solides
Bois (chêne) solide 700 1,4 L flotte
Fer solide 7 870 0,13 L
Or solide 19 300 0,052 L un lingot d’1 kg tient dans la main

Source : CRC Handbook of Chemistry and Physics, 104e édition ; le tableau des masses volumiques en donne une centaine d’autres.

Le tableau montre l’écart entre les états : tous les gaz ont des masses volumiques de l’ordre du kilogramme par mètre cube, tous les liquides et solides du millier de kilogrammes par mètre cube. Un gaz, c’est de la matière diluée dans du vide ; c’est ce que le modèle particulaire représente par les particules éloignées.

Exemple 4 — Du butane dans la cuisine

Une bouteille contient 13 kg de butane liquide sous pression. Quel volume ce butane occupe-t-il à l’état liquide (masse volumique 580 kg/m³) ? Et une fois sorti, à l’état gazeux (2,5 kg/m³) ? Pourquoi une fuite de butane est-elle dangereuse dans une pièce basse ?

Liquide : V = 13 / 580 ≈ 0,022 m³ = 22 L, ce qui correspond à la bouteille. Gaz : V = 13 / 2,5 = 5,2 m³, soit 5 200 L, 230 fois plus. Le butane gazeux étant plus dense que l’air (2,5 contre 1,2 kg/m³), une fuite s’accumule au ras du sol et dans les caves au lieu de se disperser : d’où l’interdiction de stocker des bouteilles en sous-sol et l’obligation d’une aération basse dans les cuisines au gaz.

Un peu d’histoire

Les Grecs anciens rangeaient la matière en quatre éléments, terre, eau, air et feu, qui correspondent à peu près aux trois états et au plasma de la flamme. Démocrite, vers 400 avant notre ère, propose que tout est fait d’atomes insécables séparés par du vide ; l’idée est écartée par Aristote et dormira deux mille ans.

Elle renaît au XVIIe siècle avec Pierre Gassendi et surtout Robert Boyle, qui mesure en 1662 la compressibilité de l’air et montre que son volume est inversement proportionnel à la pression : les particules d’un gaz sont donc séparées par de l’espace que l’on peut réduire. Ce résultat, redécouvert par Edme Mariotte en 1676, porte les deux noms.

p×V=constante
Loi de Boyle-Mariotte (4e) : à température constante

Au XIXe siècle, la théorie cinétique des gaz de Clausius, Maxwell et Boltzmann décrit le gaz comme une foule de particules en mouvement rapide dont les chocs expliquent la pression et la température : le modèle particulaire du collège en est la version simplifiée. En 1827, le botaniste Robert Brown observe au microscope l’agitation incessante de grains de pollen dans l’eau ; Einstein montre en 1905 qu’elle est due aux chocs des molécules d’eau, invisibles, et Jean Perrin le vérifie en 1908 : les particules existent vraiment. Le mot plasma est donné au gaz ionisé par Irving Langmuir en 1928.

Les erreurs classiques

Croire que l’air n’est pas de la matière. Il a une masse (1,2 g/L), un volume, il exerce une pression. Ce qui n’est pas de la matière, c’est le vide.

Classer le sable ou la farine comme liquides. Ce sont des solides divisés : chaque grain garde sa forme, et le tas n’a pas de surface horizontale.

Penser que les particules d’un liquide sont plus petites ou plus légères que celles du solide. Ce sont les mêmes particules ; seul leur arrangement change. La masse est conservée.

Dessiner un gaz avec des particules serrées ou un liquide avec des particules éloignées. Solide et liquide : compacts. Gaz : dispersé, dix fois plus d’espace dans chaque direction.

Croire que le vide entre les particules d’un gaz est « rempli d’air ». Entre les particules d’air, il n’y a rien : c’est du vide. L’air, c’est les particules.

Penser que les particules grossissent quand on chauffe. Elles bougent plus vite et s’écartent (dilatation), elles ne changent pas de taille.

Confondre état et substance. « L’eau est un liquide » est faux en général : l’eau est liquide à 20 °C, solide à −10 °C, gazeuse à 120 °C. L’état dépend des conditions.

Exercices corrigés

De la reconnaissance des états au raisonnement avec le modèle particulaire.

Exercice 1

Reconnaître l’état

6e●○○

Donner l’état physique, à température ambiante, de : le lait, une pièce de monnaie, le dioxygène, le sucre en poudre, l’huile, la vapeur qui sort d’une bouilloire, un glaçon, le gaz d’un briquet quand il sort.

Voir la correction

Lait : liquide. Pièce : solide. Dioxygène : gaz. Sucre en poudre : solide (divisé). Huile : liquide. « Vapeur » visible de la bouilloire : en réalité de fines gouttelettes liquides (la vapeur d’eau, gaz, est invisible). Glaçon : solide. Gaz du briquet à la sortie : gaz (liquide sous pression à l’intérieur).

Exercice 2

Propriétés

6e●○○

Vrai ou faux ? Corriger les affirmations fausses.

  1. Un liquide a un volume propre.
  2. Un gaz a une forme propre.
  3. La surface libre d’un liquide au repos est toujours horizontale.
  4. On peut comprimer de l’eau dans une seringue bouchée.
  5. Un solide garde sa forme quand on le change de récipient.
  6. L’air n’a pas de masse.
Voir la correction
  1. Vrai.
  2. Faux : il n’a ni forme ni volume propres, il occupe tout le récipient.
  3. Vrai (plane et horizontale, quelle que soit l’inclinaison du récipient).
  4. Faux : l’eau est incompressible, le piston ne bouge pas ; c’est l’air que l’on comprime.
  5. Vrai.
  6. Faux : 1 L d’air a une masse d’environ 1,2 g.
Exercice 3

La bouteille penchée

6e●●○

On remplit à moitié une bouteille d’eau et on la couche presque à l’horizontale.

  1. Décrire la surface de l’eau. Quelle propriété des liquides est illustrée ?
  2. On remplace l’eau par du sable et on recommence. Que voit-on ? Le sable est-il un liquide ?
  3. On remplace le sable par de l’air (bouteille « vide » fermée). Où est l’air dans la bouteille ?
  4. Citer un outil du quotidien qui utilise la propriété de la question 1.
Voir la correction
  1. Elle reste plane et horizontale, parallèle au sol, quel que soit l’angle de la bouteille : propriété de la surface libre des liquides.
  2. Le sable forme une pente (un talus) et ne s’étale pas horizontalement : c’est un solide divisé, pas un liquide.
  3. Partout : l’air occupe tout le volume de la bouteille, il n’a pas de surface libre.
  4. Le niveau à bulle (ou le niveau d’eau des maçons, les vases communicants) : l’horizontale de la surface d’un liquide sert de référence.
Exercice 4

Modèle particulaire

5e●●○
  1. Dessiner (décrire) l’arrangement des particules dans un solide, un liquide, un gaz.
  2. Expliquer avec le modèle pourquoi un liquide coule et un solide non.
  3. Expliquer pourquoi on peut comprimer un gaz mais pas un liquide.
  4. Un élève a dessiné un gaz avec des particules serrées et un liquide avec des particules très espacées. Corriger.
Voir la correction
  1. Solide : particules serrées et ordonnées ; liquide : serrées et désordonnées ; gaz : très espacées et désordonnées.
  2. Dans le liquide, les particules glissent les unes sur les autres et changent de place ; dans le solide, elles sont liées à une position fixe et ne font que vibrer.
  3. Dans le gaz, il y a du vide entre les particules que l’on peut réduire ; dans le liquide, elles sont déjà au contact.
  4. C’est l’inverse : le liquide est compact (particules au contact) et le gaz dispersé (particules éloignées). C’est le gaz qui a le plus grand volume pour la même masse.
Exercice 5

Masse, volume et état

5e●●●

On fait bouillir 250 g d’eau dans une cocotte-minute fermée, jusqu’à tout vaporiser. Masse volumique de l’eau liquide : 1 000 kg/m³ ; de la vapeur à 100 °C : 0,6 kg/m³.

  1. Quelle est la masse de vapeur obtenue ? Justifier avec le modèle particulaire.
  2. Quel volume occupait l’eau liquide ? Quel volume occuperait la vapeur à la pression atmosphérique ?
  3. La cocotte a un volume de 6 L. Que se passe-t-il ? Pourquoi une cocotte-minute a-t-elle une soupape ?
  4. Comment le modèle particulaire explique-t-il l’augmentation de pression ?
Voir la correction
  1. 250 g : mêmes particules, seul leur arrangement change ; la masse est conservée.
  2. Liquide : V = 0,250 / 1 000 = 0,00025 m³ = 250 mL. Vapeur : V = 0,250 / 0,6 ≈ 0,42 m³ = 420 L.
  3. La vapeur ne peut pas occuper 420 L dans 6 L : elle est comprimée, la pression monte fortement. La soupape laisse échapper la vapeur au-delà d’une pression de sécurité, pour éviter l’explosion.
  4. Beaucoup plus de particules dans un petit volume, très rapides à 100 °C : elles frappent les parois plus souvent, ce qui augmente la pression.
Exercice 6

Reconnaître un gaz, mesurer sa masse

5e●●●

Un élève veut prouver que l’air est de la matière. Il dispose d’un ballon de football, d’une pompe avec manomètre, d’une balance au décigramme et d’une éprouvette.

  1. Proposer un protocole pour montrer que l’air a une masse.
  2. Le ballon pèse 420,0 g dégonflé (mais gardant sa forme) et 427,2 g gonflé. Quelle masse d’air a-t-on ajoutée ? Quel volume cela représente-t-il environ (1,2 g/L) ?
  3. Le ballon a un volume intérieur de 5,5 L. Comment expliquer que 6 L d’air « tiennent » dans 5,5 L ?
  4. Pourquoi ne peut-on pas montrer de la même façon que l’air occupe tout le volume avec un ballon, alors qu’on le peut avec une seringue ?
Voir la correction
  1. Peser le ballon dégonflé, le gonfler, le repeser : si la masse augmente, l’air ajouté a une masse.
  2. 427,2 − 420,0 = 7,2 g d’air ; V ≈ 7,2 / 1,2 = 6 L.
  3. L’air est compressible : sous pression dans le ballon, ses particules sont plus rapprochées et 6 L d’air à la pression atmosphérique tiennent dans 5,5 L (le manomètre indique la surpression).
  4. Le ballon est opaque et déformable : on ne voit ni ne mesure directement le volume occupé. La seringue transparente et graduée montre le volume d’air et son changement quand on pousse le piston.

Quiz : dix questions pour vérifier

  1. Un solide…
  2. La surface libre d’un liquide au repos est…
  3. Un gaz…
  4. Dans une seringue bouchée, on peut enfoncer le piston si elle contient…
  5. Le sable est…
  6. Dans le modèle particulaire, un liquide est représenté par des particules…
  7. Dans un gaz, entre les particules, il y a…
  8. Un litre d’air a une masse d’environ…
  9. Quand la glace fond, la masse…
  10. Le quatrième état de la matière, présent dans les étoiles et les éclairs, est…

Fiche : ce qu’il faut retenir

Questions fréquentes

Quels sont les trois états de la matière ?

Solide, liquide et gaz. Le solide a une forme propre et un volume propre ; le liquide n’a pas de forme propre mais un volume propre, et sa surface libre au repos est plane et horizontale ; le gaz n’a ni forme ni volume propres, il occupe tout le récipient qui le contient et il est compressible. Un quatrième état, le plasma, existe dans les étoiles et les éclairs.

Pourquoi un liquide n’a-t-il pas de forme propre ?

Parce que ses particules, bien que serrées les unes contre les autres, peuvent glisser librement : rien ne les maintient à une place fixe. Le liquide prend donc la forme du récipient et coule. Dans un solide, au contraire, les particules sont liées à leurs voisines et rangées de façon ordonnée : la forme est fixe.

Pourquoi peut-on comprimer un gaz mais pas un liquide ?

Dans un gaz, les particules sont très éloignées les unes des autres, séparées par du vide : en poussant le piston d’une seringue, on les rapproche et le volume diminue. Dans un liquide, les particules sont déjà au contact : il n’y a presque plus d’espace à gagner. Un liquide est pratiquement incompressible, ce qu’exploitent les freins hydrauliques.

L’air est-il de la matière ?

Oui. Il est invisible, mais il a une masse (environ 1,2 g par litre), il occupe un volume, il exerce une pression, on peut le comprimer, le peser, le liquéfier. Un ballon gonflé pèse plus qu’un ballon dégonflé, et un sac plastique gonflé d’air ne peut pas être aplati sans que l’air s’échappe. Le vide, lui, n’est pas de la matière.

Qu’est-ce que le modèle particulaire ?

C’est une façon de représenter la matière comme un ensemble de particules minuscules, insécables et identiques pour une substance donnée, séparées par du vide. Selon leur arrangement (ordonné et compact, désordonné et compact, désordonné et dispersé), on obtient les trois états. Ce modèle explique la forme, la compressibilité, la conservation de la masse lors des changements d’état, et la diffusion.

Le sable et la farine sont-ils des solides ou des liquides ?

Des solides. Ils coulent et prennent la forme du récipient comme un liquide, mais chaque grain est un petit solide qui garde sa forme ; on peut en saisir un seul, ce qui est impossible avec une goutte d’eau. Leur surface au repos n’est pas horizontale : elle forme un tas. Les poudres sont des solides divisés.

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