Signaux · Quatrième

Le spectre de la lumière blanche : prisme, synthèse additive et couleur des objets

Cours de 4e sur la lumière blanche : décomposition par un prisme, spectre continu, longueurs d’onde, synthèse additive RVB, filtres colorés, couleur des objets.

Réponse en 30 secondes

La lumière blanche n’est pas une couleur : c’est la superposition de toutes les lumières colorées. Un prisme la décompose en un spectre continu allant du violet au rouge. Inversement, superposer du rouge, du vert et du bleu redonne du blanc : c’est la synthèse additive, utilisée par tous les écrans.

Mis à jour le · 17 min de lecture ·

Le blanc n’est pas une couleur

Demandez de quelle couleur est la lumière du Soleil : on répondra « blanche », ou « jaune », ou « elle n’a pas de couleur ». Les trois réponses passent à côté de la vraie nature du blanc. La lumière blanche n’est pas une couleur : c’est un mélange, la superposition de toutes les lumières colorées à la fois. Il suffit d’un morceau de verre taillé pour les séparer et les voir toutes.

L’expérience est spectaculaire et à la portée de n’importe qui : un prisme, un rayon de soleil, un mur blanc, et voilà un ruban de couleurs qui apparaît, du violet au rouge, sans interruption. C’est ce même phénomène qui dessine l’arc-en-ciel après l’averse, colore les reflets d’un CD et fait scintiller un diamant.

Le programme de 4e demande de savoir que la lumière blanche est composée, de connaître le spectre obtenu par décomposition, de maîtriser la synthèse additive des trois couleurs primaires, et d’expliquer la couleur des objets par absorption et diffusion. Cette page couvre l’ensemble, du prisme de Newton aux pixels d’un écran de téléphone.

Newton et le prisme

En 1666, à Cambridge, l’université ferme à cause de la peste. Isaac Newton, vingt-trois ans, rentre chez sa mère à la campagne et y passe ce qu’on appellera son annus mirabilis. Dans une chambre obscurcie, il perce un trou dans le volet et laisse entrer un mince faisceau de soleil, qu’il fait tomber sur un prisme de verre. Sur le mur d’en face apparaît un ruban coloré, allongé, qu’il baptise spectre, du latin spectrum, apparition.

L’observation n’est pas nouvelle : on connaissait depuis longtemps les irisations du verre taillé. Ce qui l’est, c’est l’interprétation. On croyait alors que le prisme colorait la lumière, comme un vitrail. Newton démontre le contraire par une expérience décisive : il isole une seule couleur du spectre avec une fente, la fait passer dans un second prisme, et constate qu’elle ressort inchangée, sans se décomposer davantage. Puis il recombine tout le spectre avec une lentille : il retrouve du blanc. Conclusion : le prisme ne fabrique rien, il sépare ce qui était déjà là.

lumière blancheprismerougevioletécranle prisme ne colore pas la lumière : il sépare les couleurs qui s’y trouvaient déjà
La décomposition de la lumière blanche par un prisme. Le faisceau blanc entre dans le verre, chaque lumière colorée y est déviée d’un angle légèrement différent, et les couleurs ressortent séparées. Sur l’écran, elles forment un spectre continu : le rouge est le moins dévié, le violet le plus.

Réaliser la décomposition en classe

  1. Obscurcir la salle et placer une lanterne munie d’une fente fine devant un écran blanc : on obtient un trait de lumière blanche.
  2. Intercaler le prisme sur le trajet du faisceau, l’arête vers le haut, et le faire tourner lentement autour de son axe.
  3. Observer l’écran : à un certain angle apparaît le spectre, un ruban coloré continu. Repérer l’ordre des couleurs du haut vers le bas.
  4. Isoler une couleur en plaçant une fente devant l’écran, puis la faire traverser un second prisme : elle ne se décompose plus. Chaque lumière colorée est donc simple.
  5. Recombiner le spectre avec une lentille convergente ou un second prisme inversé : on retrouve de la lumière blanche.

Le spectre continu et les longueurs d’onde

Le spectre obtenu est continu : les couleurs se succèdent sans interruption ni répétition, toujours dans le même ordre. En allant du plus dévié au moins dévié : violet, bleu, vert, jaune, orange, rouge. Un moyen mnémotechnique courant consiste à lire à l’envers le mot « VIBGYOR ».

Chaque lumière colorée se caractérise par une grandeur physique, sa longueur d’onde, notée par la lettre grecque λ (lambda) et mesurée en nanomètres (1 nm = 10⁻⁹ m, un milliardième de mètre). L’œil humain perçoit les lumières dont la longueur d’onde est comprise entre environ 400 et 800 nm.

400 nm<λ<800 nm
Le domaine visible
Le spectre visibleUVIR400500600700800longueur d’onde λ (nm)violetbleuvertjauneorangerougespectre continu : aucune frontière nette entre deux couleurs voisines
Le spectre visible et les longueurs d’onde correspondantes. Les couleurs se succèdent sans interruption du violet, autour de 400 nanomètres, au rouge, autour de 750 nanomètres. En dessous de 400 nm se trouvent les ultraviolets, au-dessus de 800 nm les infrarouges : invisibles à l’œil, mais bien présents.

De part et d’autre du visible, le rayonnement continue mais notre œil ne le capte plus. En dessous de 400 nm, les ultraviolets : invisibles, ils bronzent et brûlent la peau, font briller les vêtements blancs en boîte de nuit et sont utilisés pour stériliser. Au-dessus de 800 nm, les infrarouges : invisibles aussi, ils transportent la chaleur d’un radiateur, le signal d’une télécommande de téléviseur et l’image d’une caméra thermique. Les abeilles voient une partie des ultraviolets, ce qui leur révèle sur les fleurs des motifs que nous ne soupçonnons pas ; les serpents crotales détectent l’infrarouge de leurs proies.

Lumière Longueur d’onde Visible ? Où la rencontre-t-on ?
Ultraviolet 10 à 400 nm non soleil (coups de soleil), stérilisation, lampes à UV
Violet 400 à 450 nm oui DEL violettes, extrémité du spectre
Bleu 450 à 500 nm oui ciel, DEL bleues, écrans
Vert 500 à 570 nm oui végétation, laser vert, écrans
Jaune 570 à 590 nm oui lampes à sodium des anciens lampadaires
Orange 590 à 620 nm oui coucher de soleil, DEL ambrées
Rouge 620 à 800 nm oui DEL rouges, feux arrière, laser de pointeur
Infrarouge 800 nm à 1 mm non télécommandes (940 nm), chaleur, fibres optiques

Sources : CRC Handbook of Chemistry and Physics ; Commission internationale de l’éclairage (CIE) pour les limites du visible ; fiches constructeurs pour les DEL, comme détaillé sur la page diode et DEL.

La synthèse additive

Si le prisme sépare, peut-on recombiner ? Oui, et il n’est même pas nécessaire de reprendre les six couleurs : trois suffisent. En superposant sur un écran blanc les faisceaux de trois projecteurs, l’un rouge, l’autre vert, le troisième bleu, on retrouve du blanc. Ce sont les trois couleurs primaires de la lumière, et l’opération s’appelle la synthèse additive.

rougevertbleujaunemagentacyanblancrouge + vert = jaunevert + bleu = cyanrouge + bleu = magentales trois = blanc
La synthèse additive des lumières colorées. Trois faisceaux rouge, vert et bleu se superposent sur un écran blanc. Là où deux se recouvrent apparaissent les couleurs secondaires : jaune, cyan et magenta. Au centre, où les trois se superposent, on obtient du blanc.

Les couleurs obtenues par superposition de deux primaires s’appellent les couleurs secondaires : le jaune (rouge + vert), le cyan (vert + bleu) et le magenta (rouge + bleu). Le résultat surprend : personne ne devinerait spontanément que du rouge et du vert donnent du jaune, et pourtant c’est exactement ce que fait un écran chaque fois qu’il affiche un citron.

Exemple 1 — Prévoir le résultat d’une superposition

Trois projecteurs éclairent un écran blanc. On éteint le projecteur bleu. Quelle couleur voit-on ? Puis on rallume le bleu et on éteint le rouge : quelle couleur ?

Sans le bleu, il reste rouge + vert : l’écran paraît jaune. Sans le rouge, il reste vert + bleu : l’écran paraît cyan. Si l’on éteint deux projecteurs sur trois, on voit simplement la couleur du projecteur restant. Et si l’on éteint les trois, l’écran paraît noir : le noir n’est pas une lumière, c’est l’absence de lumière.

Les filtres colorés

Un filtre est un morceau de matière colorée transparente qui laisse passer certaines lumières et absorbe les autres. Un filtre rouge laisse passer le rouge et absorbe tout le reste ; un filtre vert laisse passer le vert et absorbe tout le reste.

La règle se résume ainsi : un filtre ne laisse passer que les lumières de sa propre couleur. La conséquence est parfois contre-intuitive. Éclairez un filtre rouge avec de la lumière verte : il ne laisse passer aucune lumière et paraît noir. Superposez un filtre rouge et un filtre vert devant une lampe blanche : le premier ne laisse passer que le rouge, que le second absorbe. Résultat : aucune lumière ne traverse l’ensemble.

Exemple 2 — Filtres en cascade

On éclaire en lumière blanche un écran à travers : (a) un filtre jaune ; (b) un filtre jaune puis un filtre rouge ; (c) un filtre bleu puis un filtre jaune. Que voit-on ?

(a) Le filtre jaune laisse passer le jaune, c’est-à-dire le rouge et le vert : l’écran paraît jaune. (b) Il ne reste que rouge et vert, puis le filtre rouge absorbe le vert : l’écran paraît rouge. (c) Le filtre bleu ne laisse passer que le bleu ; le filtre jaune (rouge + vert) l’absorbe : l’écran paraît noir, plus aucune lumière ne passe.

La couleur des objets

Pourquoi une tomate est-elle rouge et une feuille verte ? Un objet qui n’émet pas de lumière lui-même ne fait que renvoyer une partie de celle qui l’éclaire. Sa surface absorbe certaines lumières colorées et diffuse les autres dans toutes les directions. La couleur perçue est celle de la lumière diffusée.

Éclairage en lumière blancheÉclairage en lumière vertelumière blancherouge diffuséle reste absorbéla tomate paraît rougelumière verterien n’est diffuséla tomate paraît noire
La couleur d’un objet dépend de l’éclairage. Éclairée en lumière blanche, la tomate absorbe toutes les couleurs sauf le rouge, qu’elle diffuse : elle paraît rouge. Éclairée en lumière verte seule, elle n’a pas de rouge à diffuser et absorbe tout le vert : elle paraît noire.

Trois cas résument tout. Un objet blanc diffuse toutes les lumières colorées : il paraît de la couleur de l’éclairage, blanc sous une lampe blanche, rouge sous une lampe rouge. Un objet noir absorbe tout et ne diffuse rien : il paraît noir sous n’importe quel éclairage, et c’est pourquoi il chauffe au soleil. Un objet coloré diffuse sa couleur et absorbe les autres : il paraît de sa couleur en lumière blanche, et noir si on l’éclaire d’une lumière qu’il absorbe.

Objet En lumière blanche En lumière rouge En lumière verte En lumière bleue
Feuille blanche blanche rouge verte bleue
Objet noir noir noir noir noir
Tomate (rouge) rouge rouge noire noire
Feuille d’arbre (verte) verte noire verte noire
Jean (bleu) bleu noir noir bleu
Citron (jaune = rouge + vert) jaune rouge vert noir

Cette dépendance à l’éclairage explique une expérience courante : sous les lampes à sodium orangées des anciens parkings souterrains, toutes les voitures paraissent grises ou noires, car ces lampes n’émettent presque que du jaune-orange. C’est aussi pourquoi on ne choisit jamais une peinture ou un vêtement sous un éclairage artificiel sans vérifier à la lumière du jour.

Exemple 3 — Le citron sous trois lampes

Un citron jaune est éclairé successivement en lumière rouge, verte puis bleue. De quelle couleur paraît-il à chaque fois ?

Le jaune est la superposition du rouge et du vert : la peau du citron diffuse ces deux lumières et absorbe le bleu. Sous une lampe rouge, elle diffuse le rouge : le citron paraît rouge. Sous une lampe verte, elle diffuse le vert : il paraît vert. Sous une lampe bleue, il n’y a rien à diffuser, tout est absorbé : il paraît noir. Un même objet, trois apparences.

L’arc-en-ciel

L’arc-en-ciel est une décomposition de la lumière blanche à l’échelle du ciel, réalisée non par un prisme mais par les gouttes de pluie. Chaque goutte joue le rôle d’un minuscule prisme sphérique : la lumière du soleil y entre, se décompose, se réfléchit sur la paroi interne du fond de la goutte, puis ressort en éventail coloré.

Trois conséquences s’observent facilement. D’abord, un arc-en-ciel apparaît toujours du côté opposé au Soleil : il faut avoir le soleil dans le dos et la pluie devant soi. Ensuite, il forme un arc de cercle dont le centre est exactement dans la direction opposée au Soleil, sous un angle d’environ 42 degrés ; depuis un avion ou une cascade, on peut en voir le cercle complet. Enfin, il n’a pas de position fixe : chaque observateur voit son propre arc-en-ciel, formé par des gouttes différentes, et il est impossible de l’atteindre.

Le second arc, plus pâle et plus haut, provient de rayons ayant subi deux réflexions internes dans les gouttes : il présente les couleurs dans l’ordre inverse du premier, le rouge vers l’intérieur. Entre les deux arcs, le ciel paraît plus sombre : cette zone porte le nom de bande d’Alexandre, du nom d’Alexandre d’Aphrodise qui la décrit vers l’an 200.

Les écrans : la synthèse additive au quotidien

Approchez une loupe de l’écran d’un téléphone ou d’un téléviseur : l’image se décompose en minuscules rectangles lumineux rouges, verts et bleus. Il n’existe aucun point jaune, aucun point blanc, aucun point rose. Toutes les couleurs affichées résultent de la synthèse additive de ces trois primaires par l’œil, qui ne distingue pas les sous-pixels, trop petits et trop proches.

Chaque pixel est composé de trois sous-pixels dont on règle l’intensité indépendamment. Du jaune s’obtient en allumant le rouge et le vert et en éteignant le bleu ; du blanc, en allumant les trois à fond ; du noir, en éteignant les trois. Un écran haute définition de 1 920 × 1 080 pixels comporte ainsi plus de six millions de sources lumineuses, et un écran 4K plus de vingt-cinq millions.

Sur un écran OLED, chaque sous-pixel est une diode électroluminescente organique qui émet sa propre lumière. Sur un écran LCD, des DEL blanches éclairent l’arrière et des filtres colorés rouges, verts et bleus sélectionnent la couleur de chaque sous-pixel. Dans les deux cas, ce sont les principes de cette page qui sont à l’œuvre : synthèse additive pour l’un, filtres colorés pour l’autre.

Exemple 4 — Régler un pixel

Quels sous-pixels faut-il allumer pour afficher : du magenta, du cyan, du blanc, du noir, du jaune ?

Magenta : rouge + bleu, vert éteint. Cyan : vert + bleu, rouge éteint. Blanc : les trois allumés à fond. Noir : les trois éteints. Jaune : rouge + vert, bleu éteint. On remarque qu’un écran ne peut afficher un noir parfait que s’il peut éteindre complètement ses sous-pixels : c’est possible en OLED, plus difficile en LCD où le rétroéclairage continue de fuir légèrement, d’où les noirs « gris » de certains écrans.

Les erreurs classiques

Croire que le prisme colore la lumière. Il ne fait que séparer des couleurs déjà présentes, comme Newton l’a démontré avec son second prisme.

Croire que le blanc est une couleur. C’est la superposition de toutes les lumières colorées. Et le noir n’est pas une couleur non plus : c’est l’absence de lumière.

Confondre les primaires de la lumière et celles de la peinture. Lumière : rouge, vert, bleu (additive, le mélange donne du blanc). Peinture : cyan, magenta, jaune (soustractive, le mélange donne du noir).

Penser qu’un objet rouge « contient » de la lumière rouge. Il n’émet rien : il diffuse la lumière rouge qu’il reçoit et absorbe le reste. Sans éclairage, il n’a pas de couleur.

Croire qu’un objet garde sa couleur sous tout éclairage. Une tomate paraît noire en lumière verte. La couleur perçue dépend autant de l’éclairage que de l’objet.

Penser qu’un filtre rouge « transforme » la lumière en rouge. Il n’en fabrique pas : il absorbe tout sauf le rouge. S’il n’y a pas de rouge dans la lumière incidente, rien ne passe.

Croire qu’il n’y a que sept couleurs dans le spectre. Le spectre est continu ; les sept couleurs de Newton sont un découpage culturel, pas physique.

Exercices corrigés

De la décomposition aux prévisions de couleur sous différents éclairages.

Exercice 1

Le prisme

4e●○○
  1. Quel dispositif permet de décomposer la lumière blanche ? Comment appelle-t-on le résultat obtenu ?
  2. Citer dans l’ordre les couleurs observées, du plus dévié au moins dévié.
  3. Que se passe-t-il si l’on fait passer une seule couleur du spectre dans un second prisme ?
  4. Qu’en a conclu Newton ?
Voir la correction
  1. Un prisme ; le résultat est un spectre.
  2. Violet, bleu, vert, jaune, orange, rouge (le violet est le plus dévié).
  3. Elle ne se décompose pas davantage : elle ressort inchangée.
  4. Que le prisme ne colore pas la lumière : il sépare des couleurs déjà présentes dans la lumière blanche, qui est donc un mélange.
Exercice 2

Synthèse additive

4e●○○
  1. Quelles sont les trois couleurs primaires de la lumière ?
  2. Quelle couleur obtient-on en superposant : rouge + vert ? vert + bleu ? rouge + bleu ? les trois ?
  3. Que voit-on si aucun projecteur n’est allumé ?
  4. Pourquoi ce résultat contredit-il l’expérience de la peinture ?
Voir la correction
  1. Rouge, vert, bleu.
  2. Rouge + vert = jaune ; vert + bleu = cyan ; rouge + bleu = magenta ; les trois = blanc.
  3. Du noir : le noir est l’absence de lumière.
  4. Parce qu’avec de la peinture, chaque pigment retire des couleurs (synthèse soustractive) : mélanger toutes les peintures donne du noir, alors que mélanger toutes les lumières donne du blanc.
Exercice 3

Couleur des objets

4e●●○

Une salle contient une feuille blanche, un pull noir, une pomme rouge et un ballon vert. Compléter pour chaque éclairage.

  1. En lumière blanche.
  2. En lumière rouge.
  3. En lumière verte.
  4. Expliquer pourquoi le pull noir chauffe au soleil.
Voir la correction
  1. Feuille blanche, pull noir, pomme rouge, ballon vert.
  2. Feuille rouge (elle diffuse tout), pull noir, pomme rouge, ballon noir (il absorbe le rouge).
  3. Feuille verte, pull noir, pomme noire, ballon vert.
  4. Parce qu’il absorbe toutes les lumières colorées : l’énergie reçue n’est pas renvoyée, elle est convertie en chaleur.
Exercice 4

Filtres colorés

4e●●○

Une lampe blanche éclaire un écran. On interpose des filtres.

  1. Un filtre bleu. Que voit-on sur l’écran ?
  2. Un filtre bleu puis un filtre rouge. Que voit-on ? Pourquoi ?
  3. Un filtre cyan (qui laisse passer le vert et le bleu) puis un filtre jaune (qui laisse passer le rouge et le vert). Que voit-on ?
  4. On remplace la lampe blanche par une lampe verte et on ne met qu’un filtre rouge. Que voit-on ?
Voir la correction
  1. De la lumière bleue.
  2. Rien, l’écran est noir : le filtre bleu ne laisse passer que le bleu, que le filtre rouge absorbe.
  3. Le filtre cyan laisse passer vert et bleu ; le filtre jaune absorbe le bleu et laisse passer le vert : l’écran paraît vert.
  4. Noir : la lumière verte ne contient pas de rouge, le filtre rouge l’absorbe entièrement.
Exercice 5

Longueurs d’onde

4e●●●

On donne quatre longueurs d’onde : 380 nm, 470 nm, 620 nm, 940 nm.

  1. Lesquelles correspondent à des lumières visibles ? De quelles couleurs ?
  2. Que sont les deux autres ? Où les rencontre-t-on ?
  3. Une DEL de télécommande émet à 940 nm. Pourquoi ne voit-on pas sa lumière ? Comment la rendre visible ?
  4. Classer les quatre rayonnements du plus dévié au moins dévié par un prisme.
Voir la correction
  1. 470 nm (bleu) et 620 nm (rouge-orangé) sont dans le domaine visible (400–800 nm).
  2. 380 nm est un ultraviolet (soleil, stérilisation) et 940 nm un infrarouge (télécommandes, chaleur).
  3. Parce que l’œil humain ne perçoit pas les infrarouges. On peut la voir en filmant la télécommande avec l’appareil photo d’un téléphone, dont le capteur y est sensible : la DEL apparaît violet pâle.
  4. Plus la longueur d’onde est courte, plus la déviation est grande : 380 nm, 470 nm, 620 nm, 940 nm.
Exercice 6

Écrans et pixels

4e●●●

Un écran de téléphone mesure 2 400 × 1 080 pixels. Chaque pixel comporte trois sous-pixels rouge, vert et bleu.

  1. Combien y a-t-il de pixels ? de sous-pixels au total ?
  2. Quels sous-pixels sont allumés quand l’écran affiche du jaune ? du blanc ? du noir ?
  3. Pourquoi ne trouve-t-on aucun sous-pixel jaune sur l’écran ?
  4. Un écran OLED éteint complètement ses sous-pixels pour afficher du noir, un écran LCD non. Quelle conséquence pour l’image ?
Voir la correction
  1. Pixels : 2 400 × 1 080 = 2 592 000. Sous-pixels : × 3 = 7 776 000, soit près de 8 millions.
  2. Jaune : rouge et vert (bleu éteint). Blanc : les trois. Noir : aucun.
  3. Parce que le jaune s’obtient par synthèse additive du rouge et du vert : trois primaires suffisent à produire toutes les couleurs.
  4. L’écran LCD laisse fuir un peu de rétroéclairage : ses noirs paraissent gris foncé, et le contraste est moindre que sur un OLED, dont le noir est parfait.

Quiz : dix questions pour vérifier

  1. La lumière blanche est…
  2. Le dispositif qui décompose la lumière blanche s’appelle…
  3. Dans le spectre, la couleur la plus déviée par le prisme est…
  4. Les trois couleurs primaires de la lumière sont…
  5. Rouge + vert donne…
  6. Une tomate rouge éclairée en lumière verte paraît…
  7. Un objet blanc éclairé en lumière bleue paraît…
  8. Un filtre rouge éclairé en lumière verte laisse passer…
  9. Le domaine visible s’étend environ de…
  10. Sur un écran, le jaune est produit par…

Fiche : ce qu’il faut retenir

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la lumière blanche ?

Ce n’est pas une couleur parmi les autres, mais la superposition de toutes les lumières colorées. Un prisme le prouve en la décomposant en un spectre continu du violet au rouge, sans aucune interruption. La lumière du Soleil, celle d’une ampoule à filament et celle d’une lampe de poche blanche sont des lumières blanches.

Comment un prisme décompose-t-il la lumière ?

En traversant le verre, chaque lumière colorée est déviée d’un angle légèrement différent : le violet est le plus dévié, le rouge le moins. Les couleurs, superposées à l’entrée, ressortent donc séparées et forment le spectre sur un écran. Une goutte d’eau produit le même effet, ce qui donne l’arc-en-ciel.

Quelles sont les trois couleurs primaires de la lumière ?

Le rouge, le vert et le bleu. En les superposant deux à deux, on obtient le jaune (rouge + vert), le cyan (vert + bleu) et le magenta (rouge + bleu) ; les trois ensemble donnent du blanc. C’est la synthèse additive, celle des écrans et des projecteurs. Attention : ce ne sont pas les couleurs primaires de la peinture, qui obéit à la synthèse soustractive.

Pourquoi une tomate paraît-elle rouge ?

Parce qu’éclairée en lumière blanche, sa peau absorbe toutes les lumières colorées sauf le rouge, qu’elle diffuse dans toutes les directions. C’est cette lumière rouge diffusée qui atteint notre œil. Éclairée par une lumière verte seule, la même tomate paraît noire : il n’y a pas de rouge à diffuser et elle absorbe tout le vert.

À quoi sert un filtre coloré ?

Un filtre laisse passer certaines lumières colorées et absorbe les autres. Un filtre rouge éclairé en lumière blanche ne laisse passer que le rouge ; éclairé en lumière verte, il n’en laisse passer aucune et paraît noir. Superposer un filtre rouge et un filtre vert bloque donc tout : aucune lumière ne traverse.

Qu’est-ce qu’une longueur d’onde ?

C’est la grandeur qui caractérise une lumière colorée, notée λ et mesurée en nanomètres. L’œil humain perçoit de 400 nm environ (violet) à 800 nm (rouge). En dessous se trouvent les ultraviolets, au-dessus les infrarouges : invisibles pour nous, mais bien réels, comme le montre la télécommande d’un téléviseur.

Pour continuer