Méthodes · Cinquième, Quatrième, Troisième

Lire et tracer un graphique : abscisse, ordonnée, échelle et proportionnalité

Méthode complète : axes et unités, choix de l’échelle, placer les points, lire une valeur, reconnaître une proportionnalité, avec les graphiques du programme de collège.

Réponse en 30 secondes

Un graphique représente une grandeur en fonction d’une autre. La grandeur qu’on fait varier se place en abscisse (axe horizontal), celle qu’on mesure en ordonnée (axe vertical). Chaque axe porte le nom de la grandeur, son unité et des graduations régulières. Une droite passant par l’origine signale une proportionnalité.

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Un dessin vaut mille mesures

Voici un tableau de mesures : 0,10 A ; 2,0 V. 0,20 A ; 4,1 V. 0,30 A ; 5,9 V. 0,40 A ; 8,0 V. Il faut plusieurs secondes pour comprendre ce qu’il raconte, et l’on n’est pas tout à fait sûr. Tracez maintenant ces quatre couples sur un repère : quatre points alignés sur une droite qui part de l’origine. En un coup d’œil, la réponse saute aux yeux : la tension est proportionnelle à l’intensité.

C’est tout l’intérêt du graphique. Il ne remplace pas les mesures, il les rend visibles : il montre une tendance, révèle un palier, signale un point aberrant, permet de lire une valeur qui n’a pas été mesurée. En physique-chimie, il est partout : caractéristique d’un dipôle, courbe de fusion de la glace, distance parcourue en fonction du temps, solubilité en fonction de la température.

C’est aussi une compétence évaluée à chaque niveau, de la 5e au brevet, et l’une de celles où l’on perd le plus de points sur des détails : un axe sans unité, une échelle impossible, des points reliés en zigzag. Cette page donne la méthode complète, du choix des axes à la lecture d’une valeur, avec les graphiques types du programme.

L’anatomie d’un graphique

Un graphique correct comporte six éléments, et il en manque presque toujours au moins un dans les copies. Voici le modèle à reproduire.

Tension U en fonction de l’intensité I00,10,20,30,40,50246810I (A)U (V)1234561 · titre du graphique2 · ordonnée : grandeur + unité3 · abscisse : grandeur + unité4 · graduations régulières5 · point de mesure (croix)6 · origine (0 ; 0)
Les six éléments d’un graphique réussi. Sans le nom de la grandeur et son unité sur chaque axe, le lecteur ne sait pas ce qu’il regarde ; sans graduations régulières, il ne peut rien lire. L’origine du repère doit être visible et repérée par un zéro.

L’abscisse, axe horizontal, porte la grandeur que l’on fait varier ou que l’on impose : le temps qui s’écoule, l’intensité que l’on règle avec un rhéostat, la masse que l’on choisit. L’ordonnée, axe vertical, porte la grandeur que l’on mesure en réponse : la température, la tension, le poids. On énonce toujours dans cet ordre : « tracer U en fonction de I », noté U = f(I), signifie U en ordonnée et I en abscisse.

Chaque axe doit porter trois informations : le nom (ou le symbole) de la grandeur, son unité entre parenthèses, et des graduations régulières numérotées. Un axe marqué seulement « temps » est incomplet : il faut « temps (min) », sans quoi personne ne sait si la courbe s’étale sur dix secondes ou dix heures.

Choisir l’échelle

C’est l’étape que les élèves bâclent, et celle qui décide de la lisibilité. L’échelle dit combien d’unités représente un carreau. Une bonne échelle remplit presque toute la place disponible ; une mauvaise tasse la courbe dans un coin ou la fait sortir de la feuille.

Échelle trop grandeÉchelle adaptée050050tout est tassé dans un coin010010les points remplissent le repère
Deux échelles pour les mêmes mesures. À gauche, une échelle trop grande : les points s’entassent dans un coin, on ne distingue plus rien et la lecture est impossible. À droite, une échelle adaptée : les points occupent tout le quadrillage, l’alignement est visible et chaque valeur est lisible au demi-carreau près.

Déterminer une échelle en quatre gestes

  1. Relever dans le tableau la plus grande valeur de chaque grandeur. Exemple : I varie de 0 à 0,40 A ; U varie de 0 à 8,0 V.
  2. Compter le nombre de carreaux disponibles sur chaque axe. Sur une feuille de cahier, souvent une vingtaine à l’horizontale et une quinzaine à la verticale.
  3. Diviser la valeur maximale par le nombre de carreaux, puis arrondir vers le haut à une valeur simple : 1, 2, 5, 10, ou 0,1 ; 0,2 ; 0,5 par carreau. On évite absolument 3, 4, 7 ou 6 par carreau : le placement devient un calcul à chaque point.
  4. Écrire l’échelle en clair à côté du graphique (« 1 carreau ↔ 0,05 A » et « 1 carreau ↔ 1 V ») et vérifier que le point le plus éloigné tient sur la feuille.

Il n’est pas obligatoire que les deux axes aient la même échelle : la tension et l’intensité n’ont ni les mêmes valeurs ni les mêmes unités, chacune a donc la sienne. En revanche, sur un même axe, l’échelle doit être constante du début à la fin.

Exemple 1 — Choisir deux échelles

On veut tracer la distance parcourue (0 à 45 m) en fonction du temps (0 à 9 s) sur un quadrillage de 18 carreaux en largeur et 10 en hauteur. Quelles échelles choisir ?

Abscisse (temps) : 9 s pour 18 carreaux, soit 0,5 s par carreau. C’est une valeur simple, on la garde : 1 carreau ↔ 0,5 s. Ordonnée (distance) : 45 m pour 10 carreaux, soit 4,5 m par carreau. On arrondit vers le haut à une valeur commode : 1 carreau ↔ 5 m, ce qui occupe 9 carreaux sur 10. Le graphique remplit bien la place et chaque valeur se place de tête.

Placer les points et tracer

Du tableau au tracé

  1. Tracer les deux axes à la règle, l’un horizontal, l’autre vertical, se coupant à l’origine en bas à gauche. Ajouter une flèche au bout de chaque axe.
  2. Écrire sur chaque axe le nom de la grandeur et son unité, puis porter les graduations régulières avec leurs valeurs.
  3. Placer chaque couple de valeurs du tableau par une croix fine (×) ou un point entouré, jamais un gros rond. La croix marque précisément l’intersection.
  4. Reculer et regarder l’allure du nuage : les points sont-ils alignés, ou dessinent-ils une courbe, ou présentent-ils un palier ?
  5. Si les points sont alignés, tracer une droite à la règle passant au plus près de l’ensemble, sans obligation de toucher chaque croix. Sinon, tracer à main levée une courbe régulière passant au milieu du nuage.
  6. Ajouter un titre. Vérifier les six éléments de la figure 1.

Le point le plus contre-intuitif est le cinquième : on ne relie jamais les points par des segments successifs, comme on relierait les sommets d’un polygone. Les mesures comportent toujours de petites imprécisions ; la ligne brisée traduirait ces imprécisions comme si elles étaient le phénomène étudié. La droite ou la courbe lisse représente la loi physique, dont les points s’écartent un peu par erreur de mesure.

Lire une valeur sur un graphique

Une fois la courbe tracée, elle contient bien plus que les points mesurés : elle permet de lire des valeurs intermédiaires qu’on n’a jamais mesurées.

00,10,20,30,40,502468I (A)U (V)0,25 Aon lit 5,0 Vinterpolation : lecture entre deux points mesurés
Lire une valeur par interpolation. Pour connaître la tension correspondant à 0,25 A, on part de 0,25 sur l’axe des abscisses, on monte en pointillé jusqu’à la courbe, puis on se déplace horizontalement jusqu’à l’axe des ordonnées : on lit 5,0 V. La même méthode fonctionne dans l’autre sens, d’une ordonnée vers une abscisse.

Lire entre deux points mesurés s’appelle une interpolation : c’est fiable, puisque la courbe y est encadrée par des mesures réelles. Prolonger la courbe au-delà du dernier point mesuré s’appelle une extrapolation : c’est beaucoup plus risqué, parce que rien ne garantit que le phénomène continue de la même façon. Une lampe dont la caractéristique est presque droite à basse tension s’en écarte fortement à haute tension ; extrapoler donnerait une valeur fausse, et pourrait conduire à la faire griller.

Pour tracer les traits de lecture, on utilise des pointillés à la règle et l’on écrit la valeur lue à côté. En contrôle, ces traits de construction montrent la démarche et sont comptés : les effacer fait perdre des points même si le résultat est juste.

Reconnaître une proportionnalité

C’est la question posée dans presque tous les exercices de graphique, et la réponse tient en deux conditions, qui doivent être réunies toutes les deux.

ProportionnelNon proportionnelNon proportionneldroite passantpar l’originedroite qui ne passepas par l’originece n’est pasune droite
Trois allures, une seule proportionnalité. À gauche, les points sont alignés et la droite passe par l’origine : il y a proportionnalité. Au centre, les points sont alignés mais la droite coupe l’axe des ordonnées au-dessus de zéro : pas de proportionnalité. À droite, les points dessinent une courbe : pas de proportionnalité non plus.

Les deux conditions sont donc : les points sont alignés, et la droite passe par l’origine (0 ; 0). Si l’une manque, il n’y a pas proportionnalité. Une droite alignée mais décalée décrit une relation affine, pas une proportionnalité : c’est le cas d’une facture d’électricité avec abonnement fixe, ou de la longueur d’un ressort qui a déjà une longueur à vide.

On peut aussi vérifier la proportionnalité par le calcul, sans graphique : le quotient de l’ordonnée par l’abscisse doit être le même pour tous les couples de valeurs. Ce quotient constant s’appelle le coefficient de proportionnalité.

k=yxconstant pour tous les points
Coefficient de proportionnalité

Sur un graphique, ce coefficient est la pente de la droite : on le calcule en choisissant un point bien placé de la droite (de préférence éloigné de l’origine, pour plus de précision) et en divisant son ordonnée par son abscisse. Pour la droite de la figure précédente, le point (0,25 A ; 5,0 V) donne k = 5,0 / 0,25 = 20 V/A, c’est-à-dire une résistance de 20 Ω au sens de la loi d’Ohm.

Exemple 2 — Vérifier par le calcul

Un tableau donne : (0,10 A ; 2,0 V), (0,20 A ; 4,1 V), (0,30 A ; 5,9 V), (0,40 A ; 8,0 V). Y a-t-il proportionnalité ?

On calcule le quotient U / I pour chaque couple : 2,0 / 0,10 = 20 ; 4,1 / 0,20 = 20,5 ; 5,9 / 0,30 = 19,7 ; 8,0 / 0,40 = 20. Les quatre valeurs sont égales à 20 près aux incertitudes de mesure (moins de 3 % d’écart) : il y a proportionnalité, avec k ≈ 20 V/A. Le graphique confirmerait par une droite passant par l’origine. Attention : on ne conclut jamais à partir d’un seul couple.

Les graphiques du programme

Trois graphiques reviennent dans tous les manuels de collège, et chacun se lit différemment.

0 °CI (A)U (V)t (s)d (m)t (min)θ (°C)CaractéristiqueMouvement uniformeFusion de la glacedroite par l’originepente = résistancedroite par l’originepente = vitessepalier horizontalle corps pur change d’état
Les trois graphiques types du collège. La caractéristique d’un résistor est une droite passant par l’origine : U est proportionnelle à I. La distance parcourue par un mobile à vitesse constante est aussi une droite par l’origine. La courbe de fusion de la glace présente un palier horizontal à 0 °C, signature d’un corps pur qui change d’état.

La caractéristique d’un dipôle, U = f(I). Pour un résistor, c’est une droite passant par l’origine, et sa pente donne la résistance en ohms. Pour une lampe, la courbe s’incurve parce que la résistance du filament augmente avec la température ; pour une DEL, elle reste plate jusqu’à la tension de seuil puis monte presque verticalement. Reconnaître l’allure, c’est identifier le dipôle.

La distance en fonction du temps, d = f(t). Une droite passant par l’origine signale un mouvement uniforme, et sa pente donne la vitesse en mètres par seconde. Une courbe qui se redresse signale un mouvement accéléré ; un palier horizontal signale un arrêt (la distance ne change plus). La page sur la vitesse exploite ces lectures.

La température en fonction du temps, θ = f(t). La courbe monte, puis présente un palier horizontal pendant tout le changement d’état, puis remonte. La valeur du palier donne la température de fusion ou d’ébullition, et son existence même prouve qu’on a affaire à un corps pur : un mélange n’en présente pas. C’est le graphique central de la page sur les changements d’état.

Exemple 3 — Identifier un dipôle par sa courbe

Trois caractéristiques U = f(I) sont tracées. La première est une droite passant par l’origine. La deuxième est une courbe qui s’incurve vers le haut en partant de l’origine. La troisième reste collée à l’axe horizontal jusqu’à 1,8 V puis monte presque verticalement. Identifier les trois dipôles.

Première : U proportionnelle à I, la résistance est constante : c’est un résistor (conducteur ohmique). Deuxième : le rapport U / I augmente avec I, donc la résistance croît : c’est une lampe, dont le filament chauffe et résiste davantage. Troisième : aucun courant sous 1,8 V puis un courant qui s’envole : c’est une DEL, avec sa tension de seuil. Aucune des deux dernières n’obéit à la loi d’Ohm.

Exemple 4 — Exploiter un palier

On chauffe régulièrement un solide. La température passe de −20 °C à −5 °C en 4 min, reste à −5 °C de 4 à 11 min, puis monte de −5 °C à 20 °C de 11 à 16 min. Que peut-on en déduire ?

Le palier entre 4 et 11 min indique un changement d’état à température constante : le solide fond. Sa température de fusion est de −5 °C, ce qui exclut l’eau pure (0 °C). L’existence d’un palier net indique un corps pur ; un mélange verrait sa température continuer à varier pendant la fusion. Avant 4 min, la substance est solide ; après 11 min, elle est liquide ; entre les deux, les deux états coexistent.

Les erreurs classiques

Inverser les axes. « Tracer U en fonction de I » signifie U en ordonnée et I en abscisse. L’ordre de l’énoncé donne l’ordre : la première grandeur citée va en ordonnée.

Oublier les unités sur les axes. Faute la plus sanctionnée du chapitre, et la plus facile à éviter.

Choisir une échelle impossible. 3 unités par carreau transforme chaque point en calcul. On s’en tient à 1, 2, 5, 10 ou leurs sous-multiples.

Relier les points par des segments brisés. On trace une droite à la règle ou une courbe lisse à main levée qui passe au plus près de l’ensemble.

Forcer la courbe à passer par tous les points. Les mesures sont imprécises ; la courbe représente la loi, pas chaque mesure.

Conclure à la proportionnalité parce que les points sont alignés. Il faut aussi que la droite passe par l’origine.

Effacer les traits de lecture. Les pointillés de construction montrent la méthode et sont comptés en contrôle.

Extrapoler sans prudence. Prolonger une courbe au-delà des mesures est une hypothèse, pas une lecture : on le signale explicitement.

Exercices corrigés

De la lecture simple au tracé complet et à l’interprétation.

Exercice 1

Vocabulaire des axes

5e●○○
  1. Comment s’appelle l’axe horizontal ? l’axe vertical ?
  2. On veut tracer la température d’un liquide en fonction du temps. Quelle grandeur sur quel axe ?
  3. Quelles trois informations doit porter chaque axe ?
  4. Que signifie l’écriture « d = f(t) » ?
Voir la correction
  1. Horizontal : l’axe des abscisses ; vertical : l’axe des ordonnées.
  2. Le temps en abscisse (grandeur que l’on subit, qui s’écoule) et la température en ordonnée (grandeur mesurée).
  3. Le nom de la grandeur, son unité et des graduations régulières numérotées.
  4. « La distance d en fonction du temps t » : d en ordonnée, t en abscisse.
Exercice 2

Choisir une échelle

5e●○○

On dispose de 20 carreaux en largeur et 12 en hauteur. Proposer une échelle pour chaque cas.

  1. Le temps varie de 0 à 10 min ; la température de 0 à 60 °C.
  2. L’intensité varie de 0 à 0,5 A ; la tension de 0 à 12 V.
  3. Pourquoi refuse-t-on l’échelle « 1 carreau ↔ 3 °C » ?
Voir la correction
  1. Temps : 10 / 20 = 0,5 → 1 carreau ↔ 0,5 min. Température : 60 / 12 = 5 → 1 carreau ↔ 5 °C.
  2. Intensité : 0,5 / 20 = 0,025, on arrondit à une valeur simple : 1 carreau ↔ 0,025 A (ou 0,05 A sur 10 carreaux). Tension : 12 / 12 = 1 → 1 carreau ↔ 1 V.
  3. Parce que placer 17 °C ou lire la valeur d’un point demanderait une division par 3 à chaque fois : les échelles simples sont 1, 2, 5, 10 et leurs sous-multiples.
Exercice 3

Proportionnalité ou non ?

4e●●○

Pour chaque description de graphique, dire s’il y a proportionnalité et justifier.

  1. Les points sont alignés sur une droite qui passe par (0 ; 0).
  2. Les points sont alignés sur une droite qui coupe l’axe des ordonnées à 3.
  3. Les points dessinent une courbe partant de l’origine.
  4. Un tableau donne (2 ; 6), (4 ; 12), (5 ; 15), (8 ; 24).
Voir la correction
  1. Oui : les deux conditions sont réunies (alignement et passage par l’origine).
  2. Non : les points sont alignés mais la droite ne passe pas par l’origine. La relation est affine.
  3. Non : ce n’est pas une droite, même en partant de l’origine.
  4. Quotients : 6/2 = 3 ; 12/4 = 3 ; 15/5 = 3 ; 24/8 = 3. Constant : oui, proportionnalité avec k = 3.
Exercice 4

Exploiter une caractéristique

3e●●○

La caractéristique U = f(I) d’un dipôle est une droite passant par l’origine et par le point (0,020 A ; 4,4 V).

  1. De quel type de dipôle s’agit-il ? Justifier.
  2. Calculer le coefficient de proportionnalité. Que représente-t-il physiquement ?
  3. Par lecture graphique, quelle tension faudrait-il pour obtenir 0,010 A ?
  4. Le dipôle est-il utilisable sous 9 V ? Quelle intensité le traverserait alors ?
Voir la correction
  1. Droite passant par l’origine : U est proportionnelle à I, la résistance est constante. C’est un résistor (conducteur ohmique).
  2. k = 4,4 / 0,020 = 220. Physiquement, c’est la résistance du dipôle : R = 220 Ω.
  3. Proportionnalité : intensité deux fois plus petite, donc tension deux fois plus petite : 2,2 V.
  4. I = U / R = 9 / 220 ≈ 0,041 A = 41 mA. C’est une extrapolation au-delà des mesures : valable pour un résistor, dont la résistance est constante, mais à vérifier que sa puissance admissible (0,25 W ici : P = 9 × 0,041 ≈ 0,37 W) n’est pas dépassée — elle l’est, le résistor chaufferait trop.
Exercice 5

Tracer et interpréter

4e●●●

On chauffe régulièrement un échantillon et on relève :

t (min) 0 2 4 6 8 10 12 14
θ (°C) −18 −9 0 0 0 0 9 18
  1. Quelles grandeurs sur quels axes ? Proposer une échelle pour 14 carreaux en largeur et 12 en hauteur.
  2. Décrire l’allure de la courbe obtenue.
  3. Que se passe-t-il entre 4 et 10 min ? Quelle est la température de ce phénomène ?
  4. S’agit-il d’un corps pur ? De quelle substance s’agit-il probablement ?
Voir la correction
  1. Temps en abscisse, température en ordonnée. Temps : 14 min / 14 carreaux → 1 carreau ↔ 1 min. Température : de −18 à +18, soit 36 °C d’amplitude sur 12 carreaux → 1 carreau ↔ 3 °C (ou mieux, 1 carreau ↔ 5 °C sur 8 carreaux si l’on veut une échelle simple).
  2. Une montée régulière, puis un palier horizontal de 4 à 10 min, puis une nouvelle montée régulière.
  3. Un changement d’état : la fusion, à la température constante de 0 °C.
  4. Oui : le palier net et horizontal est la signature d’un corps pur. À 0 °C, il s’agit très probablement de l’eau (glace qui fond).
Exercice 6

Repérer les fautes

3e●●●

Un élève rend le graphique suivant. Relever les fautes et proposer les corrections.

  • Axe horizontal noté « I », axe vertical noté « U », sans autre indication.
  • Graduations de l’axe horizontal : 0 ; 0,1 ; 0,2 ; 0,5 ; 0,6.
  • Les cinq points sont reliés par des segments successifs.
  • La droite obtenue semble passer par l’origine ; l’élève conclut « U et I sont proportionnelles ».
  • Un sixième point, très éloigné de l’alignement, a été effacé.
Voir la correction
  1. Unités manquantes : écrire « I (A) » et « U (V) ».
  2. Graduations irrégulières (0,2 puis 0,5) : les espacer régulièrement, 0 ; 0,1 ; 0,2 ; 0,3 ; 0,4 ; 0,5.
  3. Segments brisés : tracer une droite unique à la règle passant au plus près des points.
  4. La conclusion est juste sur le fond mais mal justifiée : il faut dire que les points sont alignés et que la droite passe par l’origine, les deux conditions.
  5. Point effacé : on ne supprime jamais une mesure. Il fallait le laisser, l’entourer et le commenter comme probablement erroné, et si possible refaire la mesure.

Quiz : dix questions pour vérifier

  1. L’axe horizontal d’un graphique s’appelle…
  2. « Tracer U en fonction de I » signifie…
  3. Chaque axe doit porter…
  4. Une bonne échelle est une échelle qui…
  5. Si les points sont alignés, on les relie…
  6. Il y a proportionnalité si les points sont alignés et si la droite…
  7. Sur une caractéristique U = f(I) d’un résistor, la pente représente…
  8. Lire une valeur entre deux points mesurés s’appelle…
  9. Sur une courbe θ = f(t), un palier horizontal signale…
  10. Un point nettement écarté de l’alignement doit être…

Fiche : ce qu’il faut retenir

Questions fréquentes

Quelle grandeur place-t-on en abscisse et laquelle en ordonnée ?

En abscisse, sur l’axe horizontal, on place la grandeur que l’on fait varier ou que l’on impose : le temps, l’intensité réglée, la masse choisie. En ordonnée, sur l’axe vertical, on place la grandeur que l’on mesure en réponse : la température, la tension, le poids. On dit qu’on trace « ordonnée en fonction de l’abscisse », par exemple U = f(I).

Comment choisir l’échelle d’un graphique ?

On repère la plus grande valeur à représenter sur chaque axe, puis on choisit une échelle telle que le graphique occupe presque toute la feuille ou tout le quadrillage disponible. On prend des échelles simples : 1 carreau pour 1, 2, 5, 10 ou 0,5 unité, jamais 1 carreau pour 3 ou pour 7, qui rendent le placement et la lecture pénibles.

Comment reconnaître une situation de proportionnalité sur un graphique ?

Deux conditions doivent être réunies : les points doivent être alignés, et la droite doit passer par l’origine du repère, c’est-à-dire par le point (0 ; 0). Si les points sont alignés mais que la droite coupe l’axe ailleurs qu’en zéro, il n’y a pas proportionnalité. Si les points forment une courbe, il n’y en a pas non plus.

Faut-il relier les points à la règle ou à main levée ?

Cela dépend de l’allure. Si les points sont alignés, on trace une droite à la règle en passant au plus près de l’ensemble, sans forcément toucher chaque point. S’ils dessinent une courbe, on trace à main levée une ligne régulière qui passe au milieu du nuage. Dans les deux cas, on ne relie jamais les points par des segments brisés.

Que faire d’un point qui sort nettement de l’alignement ?

On ne le supprime pas et on ne déforme pas la courbe pour le rejoindre. On le laisse visible et on le signale : c’est probablement une erreur de mesure ou de report. Si on le peut, on refait la mesure correspondante. Un point aberrant identifié et commenté vaut mieux qu’un point discrètement effacé.

Comment lire une valeur qui n’est pas un point de mesure ?

On part de la valeur connue sur son axe, on trace un trait en pointillé jusqu’à la courbe, puis un second trait vers l’autre axe, et on lit. Cette lecture entre deux points mesurés s’appelle une interpolation et elle est fiable. Prolonger la courbe au-delà du dernier point mesuré s’appelle une extrapolation : c’est beaucoup plus risqué.

Pour continuer